Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

dimanche 2 février 2014

Journal de campagne à Paris (janvier - mars 2014)

Lundi 27 janvier 2014. – La tension sociale augmente de mois en mois, on en voit partout des signes nouveaux ; l'un des plus tangibles est la série de manifestations qui, chaque dimanche, à l'appel des groupes les plus divers (tous de droite, ce que les médias nomment « extrême droite » sans désarmer le mouvement), jettent dans les rues des dizaines de milliers de personnes. A cela s'ajoutent les très étonnants résultats  d'une enquête du CEVIPOF qui montrent qu'une large majorité de Français sont entrés dans une sorte de dissidence silencieuse plus profonde encore que je ne le pensais. Non seulement vis-à-vis des institutions en général mais aussi du gouvernement et, plus encore, du misérable Hollande : il y a un an, 67 % des Français jugeaient qu'il n'avait pas l'étoffe d'un président de la République : ils sont désormais 87 %, près de neuf sur dix ! La défiance touche à vrai dire toutes les institutions, aussi bien l'Union Européenne (pour 63 %, « il faut défendre la nation française contre l'Europe »...) que les partis politiques, auxquels 88 % des Français ne font pas confiance (neuf sur dix, une fois de plus), et même la politique : elle inspire aux Français de la méfiance (36 %), du dégoût (31 %), de l'ennui (11 %), de l'espoir (5 %). C'est au point qu'un Français sur deux souhaite un système politique incarné « par un homme fort qui n'a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections » - en clair, commente Valeurs Actuelles qui publie l'étude dans son intégralité, « une dictature ou une monarchie », ce qui donnerait à penser que nous entrons dans une époque où ce sont les institutions elles-mêmes, et la démocratie telle que nous la connaissons (dont 69 %, soit + 15 points en un an, jugent qu'elle ne fonctionne pas), qui seront remis en cause, sans doute violemment ; un dernier chiffre le donne lourdement à entendre : si 32 % des Français seulement se disaient prêts à manifester lors de l'enquête de 2010, ils sont aujourd'hui 61 %, ce qui augure un printemps sans doute plus que chaud.

     Cinquante mille personnes, voici huit jours, contre la nouvelle extension du droit et des facilités nouvelles données au meurtre d'enfants à naître, dit pudiquement « IVG »...; cent mille hier, pour le « Jour de colère », comme on dit (une manifestation à renouveler régulièrement je crois, tant  me paraît bonne l'idée de lier toutes les colères, désormais confondues dans les cœurs) ; davantage probablement dimanche prochain, pour la première d'une nouvelle série de « Manif pour tous », puis viendront des manifestations contre les facilités données aux FEMEN, puis d'autres encore...

         Le feu est mis aux poudres, et je vois partout alentours s'allumer les incendies.

     Bref, les Français, peuple chrétien, pourraient bien retrouver aussi la vielle et si noble règle chrétienne du « devoir d'insoumission » face au gouvernement mauvais, telle que la formula jadis saint Thomas d'Aquin : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple (la morale naturelle), l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoir ».

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