Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

mardi 4 février 2014

Journal de campagne à Paris (janvier - mars 2014)

Vendredi 31 janvier 2014. – Nouvelle avanie de M. Hollande : il a perdu son pari sur « l'inversion de la courbe du chômage », qu'il donnait pour sûre l'an dernier. Pari assez sot, à politique inchangée, quelles que soient les rustines dont on la pare. Car la question du chômage est d'une ampleur toute autre, qui semble échapper à nos gouvernants – autant sa compréhension intellectuelle que, conséquemment, la perception de la politique à mener pour le combattre...

     Une seule donnée suffit à mettre sur la bonne piste : le nombre total des emplois occupés dans la France d’aujourd’hui est supérieur à ce qu’il était en 1972, même au regard de l’accroissement de la population ; autrement dit, la part de la population qui travaille effectivement est plus grande aujourd’hui qu’il y a quarante ans : ce n’est donc pas tant l’offre, qui a augmenté, que la demande de travail qui, en augmentant bien davantage, pose problème...

        Que s’est il passé ? D’abord, sont entrées massivement sur le marché du travail deux catégories de demandeurs d’emploi : d’une part les travailleurs immigrés arrivés en nombre ; d’autre part les femmes, qui voient, ou auxquelles il a été donné à voir dans l'emploi la seule voie de leur accomplissement, ce que d'aucuns nomment leur « libération ». A cela s’ajoute que la demande de travail n’a pas chuté en proportion de la mécanisation de la production, autrement dit que le patronat n’a pas répercuté sur les salaires les gains de productivité obtenus par la substitution de la machine à l’homme. Pour finir, la concomitance de l’ouverture des frontières et la concurrence des entreprises installées dans les pays dit émergents, ajoutant aux très bas salaires de faibles charges sociales et environnementales, a mis hors course de très vastes pants de notre industrie

    Quatre chocs à peu près concomitants, et cette concomitance est la cause profonde du chômage. Il n’y aura donc pas de baisse du chômage sans une action d’envergure sur ces phénomènes de fond, peut-être bons en eux-mêmes, mais de toutes façons excessifs et trop brutaux. Hélas, la folle idéologie matérialiste, parée des plumes du « progrès », multiforme et omniprésente, qui va de la libération, c'est-à-dire de la mise au travail des femmes à l’exaltation du machinisme en passant par l'obsession mondialiste, la destruction des frontières, le libre-échange intégral et l’immigration sacralisée, cette idéologie qui s’est emparée de presque toute la classe politique rend impossible toute action d'envergure pour rétablir l'équilibre de l'emploi.

         Il n’y aura pas de politique significativement dénommée « de l'emploi », qui n'ose restaurer l’idée de frontière, limiter le libre-échange, contredire le dogme de l’immigration nécessaire, remettre en cause les mirages du machinisme, et réhabiliter une politique familiale permettant aux femmes de tenir les foyers, d'élever les enfants et de transmettre les savoir fondamentaux sans se sentir pour autant aliénées. Tant que régnera dans les esprits « progressistes », c'est-à-dire les esprits de gauche et assimilés, l’idée que toute la vie doit être organisée, et pour tous, autour de la production, et de la production à moindre coût, il n’y aura nul contrôle de la hausse de la demande de travail et conséquemment du chômage.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire