Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

jeudi 13 février 2014

Journal de campagne à Paris (janvier - mars 2014)

Lundi 10 février 2014. -- Les débats d'avant-hier sur la dimension chrétienne du SIEL sont l'occasion de rappeler ces fameux "points non négociables" sur lesquels Ratzinger est revenu à trois reprises, et qui s'imposent à ses yeux comme les engagements minimaux des chrétiens en politique. Jamais ils ne furent plus clairement formulés que dans l'adresse papale du 30 mars 2006. "L'objet principal des interventions de l'Eglise catholique dans le débat public est la protection et la promotion de la dignité de la personne ; elle accorde donc volontairement une attentionn particulière à certains principes qui ne sont pas négociables :

1. La protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle - ce qui interdit l'acceptation de toute forme d'avortement, comme d'euthanasie active.

2. La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage.

3. La protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

Ces principes (...) sont inscrits dans la nature humaine elle-même et sont donc communs à toute l'humanité" concluait le Pape.

     Il les rappela dans l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis du 22 février 2007 : "Cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables".

     Je me demande si cette référence spirituelle explique que nous ayons tant de nouveaux adhérents - au point que je ne parviens plus à les appeler au tel, comme je l'ai fait jusqu'à présent. Est-ce plutôt l'idée d'unir les droites patriotes comme seul moyen de renverser l'hégémonie multiforme des gauches ? Ou la décrépitude de l'Union européenne qui pousse des Français en colère à rejoindre les pionniers de la souveraineté ? Toujours est-il que nous recrutons...

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