Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

vendredi 14 février 2014

Journal de campagne à Paris (janvier - mars 2014)

Mercredi 12 février. – Ce que j'ai écrit ici au sujet du RBM, en particulier le 7 et 8 de ce mois, a soulevé toutes sortes de commentaires – signe, au moins, que l'on n'écrit pas pour rien... Un lecteur me dit tout uniment que seul le Front National compte, que le RBM est inutile, et le SIEL itou, que tout cela ne fait qu'embrouiller les esprits, et que, même, « toutes les personnalités qui soutiennent Marine Le Pen sans être au Front national ont le choix : soit ils entrent (au Front), soit ils disparaissent du tapis » (sic). Tel était aussi le sens du message d'un auditeur reçu tout à l'heure lors de mon émission du mercredi soir, message qui faisait suite à l'entretien que j'ai eu en duplex avec la tête de liste RBM à Nancy, le jeune (23 ans) Pierre Ducarne qui expliquait pourquoi il avait rejoint le SIEL, tandis que j'annonçais dans la foulée la création des Jeunes du SIEL. « Encore une fois, écrit littéralement cet auditeur, des microbes politiques rendent confuses des notions qui devraient être claires. Ne nous dispersons pas : tous autour de Marine ! ».

     Par libéralisme, j'ai accepté que ce message soit lu à l'antenne, mais, hormis un court rappel que « les microbes politiques sont aussi derrière Marine », je me suis abstenu de répondre sur le fond, d'une part pour ne pas gêner l'une de mes invités, elle aussi tête de liste RBM dans un département du Sud où je connais ses difficultés, d'autre part parce que la question est si délicate que je ne veux répondre que « sine ira et studio », sans colère et en raisonnant avec application.

       Je tenais pour isolées quelques étranges réactions au RBM que j'avais vues lors de ma campagne en Haute-Marne, où deux (deux seuls) militants du Front déchiraient mes affiches parce qu'ils prenaient ou feignaient de prendre le RBM pour un concurrent du FN – et de même quelques autres affaires révélées ici ou là, que j'ai également voulu regarder comme des réflexes d'arrière-garde. Mais hélas la controverse ne s'apaise pas, et je la crois plus vive encore cette année : je le vois dans ma campagne à Paris, où les candidats SIEL, et d'ailleurs toutes les têtes de liste qui ne sont pas membres du FN, ont grand mal à être présentées comme candidats RBM afin d'afficher une ouverture, pourtant indispensable à Paris : je l'avais vu hier au soir aussi, lors de mon premier « café politique », au « parloir chrétien » de la rue du Vieux Colombier, où le débat a beaucoup roulé sur l'articulation FN/RBM.

     Il me faut donc y revenir – à quoi je vais m'employer demain car il se fait tard ; il faut enfin éclaircir ce qui doit l'être et qui tient  en une seule phrase : Marine Le Pen est le cœur de la seule entreprise  de restauration politique qui reste à la France, et celle-ci passe par la construction d'une majorité de gouvernement, à quoi le Front National ne suffira pas seul...

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