Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

lundi 23 juin 2014

Depuis quand Marine Le Pen nomme-t-elle les présidents des partis ?


Samedi 21 juin, 28 personnes se sont réunies en constituant ce qu'ils ont appelé sans rire un "congrès extraordinaire du SIEL" -parti qui compte plusieurs centaines de membres. Parmi ces 28 personnes, 2 étaient présentes à ma demande pour rappeler l'art. 13 des statuts qui fixe les conditions de réunion de tout congrès; 3 n'ont jamais été membres du SIEL, 6 ne sont plus à jour de cotisation pour certains depuis longtemps, en sorte que la réunion ne comportait que 17 adhérents du SIEL. Aucune des trois conditions que fixent nos statuts pour la réunion d'un congrès extraordinaire n'était réunie; la convocation n'a été envoyée qu'à une partie des adhérents.; la salle où s'est tenue la réunion n'a pas été réservée par le SIEL : à plusieurs titres je suis fondé comme tout président de toute association à porter l'affaire devant les tribunaux.

Les 17 adhérents n'ont pas craint le ridicule en estimant que par mon absence, j'étais désormais "indisponible", que la présidence était donc vacante, élisant un président, M. Karim Ouchikh, ancien président exécutif lequel figure parmi ceux qui n'ont renouvelé cette année leur adhésion. On pourrait parler de putsch si la poignée de séditieux n'était si faible, et s'il ne s'agissait plutôt d'une pantalonnade. On s'interroge sur les raisons pour lesquelles Le Figaro croit pouvoir annoncer dans Le Scan de ce jour que le président du SIEL est évincé, affirmation qui laisse perplexe, d'autant que voici quelques jours, le même Figaro publiait le fac-similé d'une lettre où figurait l'adresse de mon domicile personnel, ce qui est contraire à la loi.

L'affaire ne vaudrait même pas une mention si elle n'avait une réalité politique, et des plus préoccupantes. C'est Marine Le Pen qui tente de semer la zizanie au sein de notre parti, en me destituant au profit de M. Ouchikh, au prétexte d'une divergence portant essentiellement sur la stratégie - cette Union des droites que le SIEL prône depuis sa création, et qu'il affirma peu après dans l'entre-deux-tours des élections de mai 2012 en appelant à voter soit blanc, soit Nicolas Sarkozy, ligne dite de" barrage à la gauche", dont je n'ai jamais varié. Il est inquiétant que Marine Le Pen, si elle a l'ambition d'incarner un rassemblement, se comporte ainsi avec son unique partenaire et en vienne à croire qu'elle peut désigner les présidents des autres partis que le sien. Le Front national n'a jamais eu de partenaire, ce qui réduit à rien l'existence d'un prétendu Rassemblement Bleu Marine, auquel n'a jamais été donné le moindre contenu, dont les administrateurs (au nombre desquels je suis) n'ont pas été réunis une seule fois, qui devait compter un parti plus orienté vers la gauche (le PEC, qui n'eut jamais la moindre réalité), rassemblement de carton-pâte auquel les personnalités qui l'ont rejoint se plaignent d'être tenues à l'écart quand ils ne sont pas en indélicatesse avec le Front national, sauf s'ils y adhèrent.

Une dernière fois, je demande à Marine Le Pen de se reprendre et de ne pas renoncer à la stature présidentielle dont tant de Français nourrissent l'espoir; au risque de rester confinée dans un parti qui, aux yeux de tous, n'est qu'une histoire de famille, et une famille à histoires. S'il s'agit de servir le Bien Public, la France mérite mieux que ce nid d'incessants conflits, de surenchères sectaires, de réflexes totalitaires et de coups tordus. Cet épisode n'est donc pas sans importance en raison des questions politiques qu'il pose.

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