Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

jeudi 23 octobre 2014

Lettre d'adieu aux membres du SIEL

Le Président

                                                                                                                        Le 15 octobre 2014

Chers amis,

          Nous voici à l’approche du congrès extraordinaire de notre mouvement dont, comme je l’ai annoncé dès le mois de juin, j’ai proposé à notre comité directeur de fixer la date au 25 octobre. Cette date ayant été avalisée, rendez-vous est donné à tous nos membres ce 25 à 13h30 dans nos locaux habituels de l’USIC : 18, rue de Varenne 75007 Paris.

            Depuis que les statuts de notre mouvement ont été déposés en janvier 2012, j’en assure la présidence, laquelle est fixée par nos statuts pour une durée de trois ans. J’ai exprimé à plusieurs reprises mon souhait de ne pas renouveler ce mandat, celui-ci ayant été pour moi fort lourd à porter en raison de désaccords multiples avec Marine Le Pen - désaccords qui portèrent principalement sur la stratégie politique; hélas, ce désaccord devint au fil de ces presque trois années un véritable conflit, pour éclater finalement au grand jour lors des municipales de mars, marquées par de multiples conflits dont nombre d'entre vous furent témoins, ou victimes ; le 9 avril, quelques jours après le second tour desdites municipales, je reçus une lettre personnelle de Marine le Pen m'informant que, me jugeant « incontrôlable » (sic), elle traiterait désormais des affaires du SIEL avec Karim Ouchikh, qu'elle rendit d'ailleurs destinataire en copie de ladite lettre. Celui-ci, dans sa hâte de me succéder sans plus de façons, la diffusa Urbi et orbi, se considérant dès lors comme président du SIEL, ne venant au comité directeur qui suivit le 12 avril que pour juger « surréaliste » le fait que je le présidais, excipant ce jour-là d'un chèque de 30 000 euros à lui adressé par le trésorier du FN (chèque représentant le premier tiers de la dotation publique annuelle transitant par ce parti) pour donner à entendre qu'il était désormais la seule autorité légitime. Devant ce fait étonnant, propre à jeter une ombre à la fois sur notre parti, sur le RBM pour peu qu'il se veuille réellement un « rassemblement », et sur l'image de Marine le Pen elle-même, je n’ai pas cru devoir quitter la présidence du SIEL pour ainsi dire sur un claquement de doigts; si j'eusse certes préféré déposer là le fardeau, je me le suis interdit pour de très évidentes raisons de dignité, celle de notre parti d’abord, la mienne propre ensuite. J'ai préféré rencontrer Marine le Pen, laquelle, m'assurant qu'elle était désolée que ce conflit fût porté sur la place publique, me proposa un rendez-vous le 23 avril; au cours de cet entretien, qui donna lieu à une explication franche mais cordiale, j'assurai la présidente du RBM que je quitterai la présidence du SIEL avant la fin de l'année, mais ne pourrais le faire que dans les formes requises et dans des conditions telles que le SIEL ne donnerait pas le sentiment, mortel pour lui, et contrariant pour le RBM, de n'être qu'un appendice du FN; de son côté, elle m'assura à deux reprises ne pas vouloir interférer dans les affaires du SIEL, ce dont je pris acte et qui était d'ailleurs mon objectif. Il n'est bon pour personne que, pour ainsi dire, le FN mette la main sur le SIEL.

Je décidai donc d’apaiser les tensions en faisant valoir à M. Karim Ouchikh qu’il était préférable, pour lui comme pour nous tous, que la présidence lui échût, le cas échéant, après une élection en due forme et organisée dans le calme, assurant que, pour ce faire, un congrès extraordinaire aurait lieu dans les six mois - d'où la date du 25 octobre. En troisième lieu, j’ai tenu au cours de ces six mois à exercer la plénitude de mon mandat, notamment en mettant en œuvre une campagne de recrutement par affiches, publipostage, courriers aux maires, et clips vidéo - campagne qui s'achèvera prochainement et qui déjà porte ses fruits avec de nombreuses adhésions nouvelles. En quittant la présidence du SIEL, j'ai la satisfaction de constater que le nom de notre parti est largement identifié, ce qui n'était pas assuré il y a trois ans.

Je remercie tous ceux qui en de très nombreux courriers reçus au fil de l’été dernier m’ont demandé de me porter de nouveau candidat ; mais, une fois pour toutes, je répète que je ne peux m’y résoudre, souhaitant ne pas différer le moment de revenir à mes travaux personnels. Je resterai membre du SIEL, par là du RBM, mettant à la disposition de qui le voudra les relations que je peux avoir avec telle ou telle personnalité avec qui j'entends poursuivre, sans contrainte ni commentaires suspicieux, aveugles et souvent débiles, des relations dont je persiste à penser qu'elles peuvent un jour servir le rassemblement national, tant il est vrai que, s'il fallait tôt ou tard réinsérer dans le champ politique un parti scandaleusement marginalisé, malgré ses millions d'électeurs, tâche à laquelle j'ai contribué de multiples façons, je n'ai jamais considéré pour autant que, les institutions de la Ve République étant ce qu'elles sont, ce parti, pas davantage qu'un autre, pourrait sans alliés accéder aux responsabilités gouvernementales, et encore moins les exercer seul. J'ai beaucoup de choses à écrire sur ce sujet, comme d'ailleurs sur bien d'autres.  

Le premier objet du congrès du 25 est donc de pourvoir à ma succession pour trois nouvelles années. J’aurai pour dernière satisfaction de constater que trois d’entre eux, tous personnalités de valeur, sont volontaires pour relever le gant et faire vivre le SIEL dans l’esprit dans lequel il fut fondé, c’est-à-dire l’union des patriotes en alliance avec le Front national sans pour autant se confondre avec lui. Vous trouverez sous ce pli, afin que vous les connaissiez mieux, la profession de foi de chacun des trois, que par souci d’impartialité je cite ici par ordre alphabétique : Luc Le Garsmeur, Richard Alain Marsaud de Labouygue, Catherine Rouvier.

J’aurais pour ma part souhaité que M. Karim Ouchikh puisse être candidat à cette élection, et que puisque celle-ci se déroule statutairement en deux tours, il puisse rassembler la majorité des suffrages pour me succéder dans les formes statutaires, ce à quoi sa fonction de président exécutif le destinait. Hélas, son comportement ces derniers mois, le fait que malgré de multiples rappels à l’ordre de ma part il n’a cessé d’enfreindre nos statuts avec une insolence telle qu’il s’est publiquement prévalu du simple fait que je ne saisisse pas la Justice pour poursuivre ses provocations, ont conduit plusieurs membres de notre bureau, réuni le 12 septembre dernier, à me reprocher mon inaction et à demander son exclusion. Celle-ci fut mise aux voix et adoptée par neuf voix contre une - c'est la majorité des quinze membres que compte notre bureau. Je précise que ce jour-là M. Karim Ouchikh a aggravé son cas en n’y assistant pas lui-même et en appelant par voie électronique ses partisans à le boycotter. Par esprit de conciliation, j’ai accepté cependant que cette décision fût suspendue au bénéfice d’une mission de bons offices que s’est proposée de remplir le lendemain notre vice-présidente Blandine Dejouy, mission qui obtint l'accord de M. Ouchikh lors du déjeuner organisé avec celle-ci et Christian Le Scornec. C'était bien l’ultime geste de conciliation que je pouvais faire. Hélas, Blandine Dejouy ayant finalement jeté l’éponge la semaine dernière, tandis que par ailleurs je recevais l’écho de nouvelles manœuvres de M Ouchikh, je me suis résolu à lui signifier par voie d’huissier la décision du bureau, ce qui rend évidemment impossible sa participation à quelque activité de notre mouvement que ce soit.

     Je me dois de donner quelques précisions sur ce sujet douloureux, et de répondre à la fois à ceux qui me reprochent d’avoir fait montre d’une trop grande mansuétude à l’égard de M. Ouchikh, comme à ceux qui, à l'inverse, me reprochent une trop grande sévérité - car c’est sur deux fronts que la voie médiane que j’ai tenté d’adopter est soumise aux critiques. Beaucoup m’ont demandé de sévir dès que Karim Ouchikh s’est autoproclamé président (usurpation qu’il a tenté dans un second temps de couvrir par l’organisation d’un congrès qui ne répondait à aucune des trois conditions que fixent nos statuts), et de sévir à tout le moins lorsqu’il a excipé du titre de président auprès d’organes de presse. Mais d’une part, il est délicat pour une petite formation comme la nôtre de porter de tels litiges devant les tribunaux, au risque de donner à l’affaire un retentissement disproportionné. D’autre part, la présidente du RBM, en se considérant comme fondée à désigner le président du seul parti qui soit le partenaire du FN, commettait une telle erreur que c’est l’idée même du RBM qui pouvait voler en éclats : deux bonnes raisons de tenter l’apaisement. Hélas, rien n’y fit. En juillet, Karim Ouchikh publiait un n° 16 de la Lettre du SIEL, dans lequel, contrefaisant un n° 16 déjà existant, il se prévalait de la qualité de Directeur de la publication; je suspendis alors ses délégations, ce dont il ne tient aucun compte; je l'avisais de cette suspension par lettre recommandée, mais il refusa de la retirer. En août, loin de profiter de l’apaisement estival et de préparer dans les formes sa candidature au congrès d’octobre, M. Ouchikh déposait en préfecture un pseudo-bureau. En septembre, il demanda aux membres de boycotter la réunion du comité directeur pour la simple raison que je l'avais convoqué (ce qui n'est que conforme à l'art. 14-3, al. 1 de nos statuts), auquel il ne consentit finalement à se rendre in extremis que par l'entremise de Blandine Dejouy ; dans le même temps,  rompant avec le contrat qui nous liait à la société Imaginis gestionnaire de notre site, il prit seul le contrôle de celui-ci, chose d'autant moins acceptable que débutait la campagne en vue de l'élection à la présidence et qu'il rompait le principe d'égalité entre candidats. Je passe sur les multiples échos de manœuvres aux termes desquelles M. Ouchikh faisait entrer par paquets des adhérents du FN pour s’assurer son élection en quelque sorte par "entrisme", et sur le fait regrettable qu'un membre du cabinet de Marine Le Pen faisait pression sur l’un de nos candidats afin qu’il retire sa candidature, le menaçant de cesser toute relation avec lui s'il ne le faisait pas. Je passe aussi sur de multiples incidents et sur les mauvaises manières faites à notre secrétaire comme à notre mandataire financier, au point que ceux-ci démissionnèrent, ne reprenant leurs fonctions qu’à la condition expresse de n’avoir plus à répondre aux consignes de M. Ouchikh. La liste des agissements est longue et nourrit un épais dossier (on compte 15 infractions à nos statuts !), dossier qui est entre les mains d’un avocat que j’ai dû commissionner, comme j’ai dû placer sous le contrôle d’un huissier toutes nos réunions - ce qui sera encore le cas le 25 octobre. Dans ces conditions, la décision du Bureau d’exclure M. Ouchikh est amplement explicable, et sa mise en œuvre inévitable.

     Une fois élu notre nouveau président, le congrès devra examiner plusieurs réformes statutaires, réformes que je crois utiles à la bonne marche de notre mouvement. Principalement, je crois qu'il faut transformer la fonction de « président exécutif » en une fonction de secrétaire général, laquelle est fâcheusement absente de nos statuts, mais qu'a exercée dans des conditions très délicates M. Patrick Pommier,  auquel je tiens d'autant plus à rendre ici hommage pour sa loyauté qu'il a dû démissionner le 7 septembre dernier en protestant contre ce qu'il a appelé des « manœuvres sécessionnistes », et que j'ai demandé à Christian Le Scornec d'assumer depuis lors à titre provisoire en attendant le choix que fera mon successeur. Ces réformes statutaires seront  soumises à vos appréciations et à vos votes le 25. 
   
        On voit l'importance de ce Congrès. Je demande à chacun de faire l’effort de s'y rendre ou de s’y faire représenter, en précisant que chaque présent pourra être porteur de deux pouvoirs valant procuration pour tous les scrutins ; si vous ne parvenez pas à trouver de récipiendaire qui soit sûr de se déplacer, veuillez-vous mettre en relation avec le candidat que vous aurez choisi - dans un souci d’impartialité, je ne reçois pour ma part aucune procuration. Je précise également que ne pourront participer à ce Congrès que les seuls membres à jour de cotisation et que la date limite pour recevoir les renouvellements d'adhésion est le 22 octobre. La réunion se tenant en présence d'un huissier assermenté, il nous faut lui donner l’avant-veille la liste complète des membres.

      Un dernier mot : ce n'est pas sans émotion que je quitte la présidence d'un mouvement qui m'a coûté d'innombrables efforts, un temps infini, et bien des désillusions, succédant à tant d'autres qui m'ont hélas confirmé que, serait-ce seulement en comparaison avec le Général de Gaulle dont la figure nourrit en moi une nostalgie que je crois créatrice mais exigeante, la France n'a pas aujourd'hui les serviteurs qu'elle mérite et qu'exigerait sa déplorable situation, quand même les meilleurs, du moins ceux que j'ai tour à tour servis, semblent incapables d'assumer la plénitude de son héritage, de ses promesses et de sa grandeur ; incapables aussi de comprendre le ressort des institutions de la Ve République qui est le rassemblement et qui suppose bien entendu le dépassement des partis. Du moins le SIEL est-il en ordre de marche. Il est connu, je l'ai dit ; ses finances sont en ordre; il peut s'enorgueillir  de rassembler dans ses rangs des personnalités de grande valeur, notamment un député français au Parlement européen et dix-huit conseillers municipaux. Bref, si sa route est encore longue dans sa tâche de rassemblement, je crois qu'il est sur la bonne voie, celle du RBM - lequel n'est encore qu'une esquisse, mais ne serait nullement un rassemblement sans le SIEL. Que sa vie, qui dépasse toutes les nôtres soit patiente et finalement victorieuse au service de notre patrie. Salus Patriae !

    J'adresse à chacun l'expression de mon amitié et de ma confiance rappelant à tous que « l'avenir dure longtemps... »


                                                                                                         Paul-Marie Coûteaux

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