Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

mercredi 26 novembre 2014

Mercredi 19 novembre deux mil quatorze, Paris.


Ce journal (faut-il plutôt dire blog, ou peut-être blogue-notes ?) commence sans doute à compter quelques lecteurs puisque l'on me demande assez régulièrement pourquoi j'énonce les jours à l'ancienne – deux mil quatorze et non 2014. Le plus souvent, la remarque est gentiment critique : cela fait notaire, vieux-jeu, vieillot... Certes, je ne mets pas autant de charge négative dans ces mots, que j'aimerais cependant voir remplacer par d'autres, comme « traditionnel », ou « classique », rendant la chose plus acceptable, du moins pour moi – il faut s'apprendre à récuser le vocabulaire courant, celui des Modernes, et pour commencer refuser de nommer « Ancien », comme le firent les Modernes de la Querelle des années 1680-1700, quiconque était simplement et tranquillement classique. Mais, pour en revenir à la graphie de la date, c'est autre chose que ma vénération du classicisme qui entre ici en jeu : énoncer l'année en prenant le temps de l'écrire, non distraitement en chiffres, mais en toutes lettres, donne la mesure de l'épaisseur du temps et marque un peu, ou tente de marquer ce que signifie écrire deux mil quatorze années après Jésus-Christ. En somme, une inscription dans l'histoire. C'est dans le même esprit que les entrées de ce blogue-notes indiquent le lieu où je me trouve quand je les rédige : manière de se situer dans la vertigineuse immensité de l'espace et du Temps.  

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